Lima / Ica
Peut-être le pire moment du séjour. La compagnie de bus devait nous déposer vers 6h30 à Lima, où nous avions prévu de retrouver un collègue, Jacques, avant de partir sur Ica.
Malheureusement, après une nuit passée à se prendre pour Schumacher, le chauffeur a dû gagner son pari, soit arriver à 4h du mat à Lima.
Nous voici donc avec nos sacs sur le dos, épuisés et surtout sans aucun point de chute. Autant le préciser de suite, si Lima en journée ne fait pas rêver, l'ambiance nocturne y est elle carrément glauque ! En marchant vers le centre-ville, nous croisons successivement des chiens errants, des mendiants agressifs et des jeunes éméchés, à la fois belliqueux et avenants...
Au fur et à mesure de notre "promenade", nous nous apercevons que tout est fermé, excepté le Sheraton, un hôtel catégorie haut-standing. Vu la situation et notre état de fatigue, nous sommes prêts à payer plus cher notre petit-déjeuner afin d'être confortablement installé au chaud et délestéde 25 kilos. Le hic (il y a toujours un hic dans ces moments), c'est que nous ne sommes guère présentables (pas lavés depuis quelques jours, les vêtements crottés depuis le trekking, la barbe naissante et quasi-digne d'un "camarade", le tout avec chacun sur le dos un beau sac Quechua vert fluo).
Qu'importe, nous tentons notre chance et ça marche : sans doute l'i-phone de Vincent a eu son petit effet sur le vigile...
En tout cas c'est soulagé que nous nous installons à table et reprenons pendant 3h des forces, avant de repartir vers 8h à destination de Ica, une ville située à 4h au sud de Lima.
Une fois à Ica, nous vivons un petit moment de bonheur lorsque nous réservons notre première chanbre d'hôtel depuis 8 jours. Une sensation de "zénitude" me traverse dès l'instant où je m'affale sur le matelas en contemplant le plafond d'un regard que vous devinerez assez vide.
Mais pas le temps de trainer, puisque nous devons retrouver Jacques dans l'après-midi. Et c'est en allant à sa rencontre que survient un des évènements les plus improbables du séjour, et l'une des sensations les plus inconfortables que j'ai pu vivre : un prémice tremblement de terre.
Durant quelques secondes le sol tremble sous mes pieds comme si le métro était passé 3m sous terre. Différence notoire, il n'y a pas de métro à Ica...
La charmante Caroline La cathédrale d'Ica, avant le tremblement de terre
Il me faut quelques minutes pour me remettre de mes émotions, jusqu'au moment des retrouvailles avec Jacques (qui voyage avec un ami, Jean).
C'est une sensation étrange mais très agréable que de croiser un ami à l'autre bout du monde alors que ce n'était pas forcément prévu. Nous passons un petit moment à récapituler nos aventures respectives depuis quelques mois, puis organisons un programme commun pour les jours à venir.
Le lendemain matin, nous partons tôt avec Vincent pour aller visiter les îles Ballestas et la réserve naturelle de Paracas. Malheureusement cette excursion s'avère extrêmement touristique, à tel point que certains moments me rappellent quelques scènes des "Temps Modernes", de par la synchronisation entre les différents bateaux, guides et interprètes (pour peu, on pourrait croire que les lions de mer baillent seulement aux heures de visites...).
Il faut préciser qu'outre le côté transhumance, cette excursion ressemble à s'y méprendre à celle que nous avions effectué du côté de La Serena, mais en moins approfondie.
Seul nouveauté, la vue du fameux "candélabre" tracé sur une dune de Pisco et visible depuis la mer (70m de hauteur tout de même). Ce pétroglyphe peut donner une idée de ce que sont les lignes de Nazca. Sympa, mais pas vraiment transcendant.
Le "Candélabre" de Pisco Iles Ballestas
A notre retour de Ica, il nous reste quelques heures à faire défiler avant de partir pour Arequipa. Nous les consacrons à la visite de l'oasis de Huacachina, situé à 5km de la ville, et de ses fameuses dunes.
En effet, cet oasis qui surgit au milieu de nulle part est entouré de plusieurs dunes hautes d'au moins 150m, ce qui permet deux choses.
D'abord d’avoir depuis leur sommet un point de vue magnifique sur toute la région. Ensuite de s'adonner aux "délices" du sandboard, autrement dit faire du surf sur du sable.
L'oasis de Huacachina Vince prêt à en découdre avec le sable
Evidemment nous nous y collons avec Vincent, mais sans grand succès. Malgré la pente, il est dur d'aller vite et de faire des virages pour des novices comme nous. Et comme la montée de la dune est plutôt éprouvante, une descente unique nous suffira finaleemnt. Et c'est totalement couverts de sable (sensation très désagréable) que nous prenons un bus de nuit pour Arequipa, où nous retrouverons Jacques et Jean avant de partir "trekker" dans le canyon de Colca.